Tout occupé à mendier un souffle de sa bouche, mon amant s’est tu.
Rien de nouveau. Mais un silence de trop.
Ses lèvres se sont crispées.
Soupirs.
Je renonce une fois de plus à ce pain béni qui me gave encore et toujours, à jamais : entendre des monts de sa bouche et des montagnes surgissantes.
J’ai des mers prononcées que pas même un seul de ses cils ne rident.
Calme plat.
A Mer d’huile, amant asséché.
Nourri par cette bouillie de mots que vous ne m’avez pas tendue, j’aurais voulu qu’elle réchauffe ma trachée, lisse mes viscères. Un séisme gastrique l’aurait émiettée. J’aurais déchiqueté vos énigmes imprudentes, vos secrets de polichinelle, vos reproches cruelles. Je me serais repu de vos putrides babillements.
Hélas ! Hélas ! Vous ne m’avez pas nourri de ces postprandiales nausées.
Vous vous êtes tenue à l’orée du désamour.
Il en eût fallut d'abord beaucoup d’amour pour qu’elles se chargeassent en haine.
Publié par : Paul-François LESAGE
à 17:04:36
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Catégories : Poésie